Laurence Couturier, la riviera c’est pas du cinéma…
Laurence Couturier a passé quarante ans dans le cinéma, scripte auprès de réalisateurs comme Claude Lelouch ou Alain Cavalier, avant d’ouvrir Les choses qu’on aime, sa boutique de décoration rue Defly, derrière le MAMAC à Nice. Parisienne aux racines niçoises, elle a fait de la Côte d’Azur son point d’ancrage après une vie à cent à l’heure. Dans ce dernier épisode de la saison 1 du Pari(s) de la Riviera, elle raconte à Emmanuelle Mary son passage des tapis rouges à la déco, sa manière de sourcer artisans et pièces d’art, et livre au passage ses adresses niçoises préférées.
De scripte de cinéma à la boutique déco Les choses qu’on aime, rue Defly à Nice
Qui est Laurence Couturier ?
Laurence Couturier est fondatrice de la boutique de décoration Les choses qu’on aime, rue Defly à Nice, derrière le MAMAC. Avant cette reconversion, elle a mené une carrière de scripte de cinéma pendant quarante ans, aux côtés de réalisateurs comme Claude Lelouch — dix ans de collaboration — et Alain Cavalier — quinze ans —, avec aussi de nombreux films de Richard Berry et beaucoup de séries internationales. Parisienne installée à Montmartre, dans le 18e, mais de racines niçoises (sa mère et sa grand-mère étaient niçoises), elle a partagé toute sa vie entre Paris et Nice avant de s’y installer définitivement.
Quarante ans à construire des histoires sur les plateaux
Scripte : un métier de mise en scène, enseigné à la Fémis, dont Laurence Couturier détaille les contours. La ou le scripte est responsable de la continuité de l’histoire. « Quand on tourne un film, on le fabrique dans le désordre », rappelle-t-elle. Il faut donc quelqu’un en permanence sur le plateau pour veiller aux raccords, à la fluidité de la narration, au rythme, pour éviter les erreurs. Aux côtés du metteur en scène, elle formait avec le premier assistant le binôme rapproché de la réalisation.
Elle a beaucoup travaillé sur des séries anglaises et internationales, avec des scénaristes américains, en amont, sur la faisabilité et la manière de tourner au mieux. Un métier de confiance : les réalisateurs choisissent leurs scriptes et travaillent des années avec les mêmes.
Mais aussi un métier de nomade. « Toi, tu fais partie de la troupe des forains », résume-t-elle. En cinq ans, elle a passé deux ans en Belgique, un an au Maroc, un an entre Lyon, Strasbourg, Lille et Marseille, un an entre ses appartements de Montmartre et de Nice. Intermittente du spectacle toute sa vie, elle en vivait bien, mais la lassitude du voyage permanent s’est installée. Le confinement de 2020 a été le déclic : « Je veux que ça s’arrête ici. »
Un retour vers le paradis perdu niçois
L’ancrage, c’était Nice. Enfant, sa mère la mettait dans le train couchette avec son frère, sa grand-mère les récupérait de l’autre côté. Sa mère était pied-noir ; après les événements, la famille avait rejoint la métropole, ses grands-parents s’installant à Nice pour la retraite. Laurence Couturier a grandi rue Alphonse Ier, du côté de Saint-Isidore et Sainte-Marguerite, et passait ses étés niçois — « je partais le 15 juin et je rentrais le 15 septembre ».
Sa madeleine de Proust : la descente d’avion des années 70, l’odeur de kérosène mêlée à l’humidité de la mer, le vent chaud, les palmiers à la sortie de l’aéroport. En rachetant la maison familiale de sa grand-mère — récupérée en 2016, réintégrée en 2018 —, elle a retrouvé ce paradis perdu, longtemps inaccessible pendant seize ans. L’installation définitive à Nice date de 2022. Aujourd’hui, elle enseigne aussi à l’ESRA, première école privée de cinéma en France.
Les choses qu’on aime : industrie, artisanat et art sous un même toit
Entrepreneure dans l’âme, Laurence Couturier a voulu créer un lieu qui lui appartienne. « Offrir aux autres les choses que j’aime » — d’où le nom de la boutique. Son parti pris : reproduire dans la déco les trois dimensions qu’elle connaît du cinéma. L’industrie, avec de grands fournisseurs et des pièces à petits prix accessibles ; l’artisanat, avec sa céramiste — dont la sœur fut l’habilleuse de Depardieu — qui a créé pour elle des coquelicots et des pièces à l’effigie du logo ; et l’art pur, avec une peintre niçoise et des photographes exposés à Paris.
La sélection mêle sacs à main, accessoires pour téléphone signés Charlotte Paris, foulards de la marque Épice du Palais-Royal (dont elle a l’exclusivité à Nice), linge de maison de la marque Mazarin — d’une créatrice du Luberon qui a renoncé à une carrière chez Balenciaga pour reprendre l’entreprise familiale —, bijoux de lavande, céramique et grandes pièces de mobilier. Chaque référence existe souvent en un ou deux exemplaires : « Il faut prendre quand on aime. »
La boutique, environ 80 à 85 m2, occupe l’ancien espace de l’antiquaire Monsieur Edmond, spécialiste du XXe siècle. Plafond brut, murs gris, sol de béton, balcon donnant sur une cour ornée d’une œuvre de peinture urbaine : Laurence Couturier n’a presque rien touché. « C’est mon lieu préféré sur la terre. » Des pièces qui vont de 8 euros au canapé monumental d’un fournisseur espagnol, dans une période où elle adapte son offre à des budgets plus serrés.
Une vie niçoise et ses adresses de confidence
Le quotidien niçois n’a plus rien à voir avec la routine parisienne. Ce qui lui a d’abord manqué : la spontanéité des terrasses et des apéros informels après le travail. Un manque en train de se combler grâce au bar à vin Chez Simon, ouvert à côté de sa boutique. Le marché à Beaulieu en scooter par la basse corniche, la vue sur Villefranche, restent des rituels chéris.
Sur le plan culturel, elle regrette la fermeture du MAMAC, en travaux, en face duquel elle s’était installée. Elle salue en revanche le travail du nouveau directeur de l’Opéra de Nice, l’offre des fondations, d’Antibes et de Monaco. Une richesse culturelle azuréenne qu’évoquait déjà Audiane Plagiau, directrice de la communication de l’Opéra de Nice, dans un précédent épisode du Pari(s) de la Riviera.
Côté adresses, Laurence Couturier livre ses préférées : le marché de la Libération et le cours Saleya, où elle boit un verre au Mimosa ou au bar des Amis, avec un attachement particulier pour le Safari. Côté restaurants, Les Agitateurs (étoilé), Chez Tintin près de la place du Pain, et Le Socle rue Barla, tenu par une jeune cheffe, Dominique, et son mari, pour une cuisine française classique et moderne. Sa librairie de rue, Les Parenthèses, complète le tableau. Et pour la gourmandise, la pissaladière — dont elle a été nourrie enfant — et la fougasse aux olives de la Californie restent des madeleines familiales qu’elle rapportait par cartons entiers à Paris.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 — Présentation de Laurence Couturier et de la boutique Les choses qu’on aime
- 00:01:27 — Ses racines niçoises et l’enfance entre Paris et Nice
- 00:02:22 — Le rachat de la maison familiale et l’installation par étapes
- 00:03:52 — La lassitude du voyage permanent et le déclic du confinement
- 00:04:41 — Nice, l’envie d’ancrage et l’enseignement à l’ESRA
- 00:05:33 — Le métier de scripte expliqué
- 00:06:36 — Le travail avec les scénaristes internationaux
- 00:07:29 — Un métier de confiance : Lelouch, Cavalier, Richard Berry
- 00:08:15 — Pourquoi il fallait rester ancrée à Paris
- 00:09:21 — L’envie d’entreprendre et de faire quelque chose qui lui appartienne
- 00:10:32 — La beauté au quotidien et le nom de la boutique
- 00:12:35 — Un lieu de rencontre et de partage
- 00:14:32 — Industrie, artisanat et art : le triptyque de sa sélection
- 00:16:29 — Le linge de maison Mazarin et l’exclusivité des foulards Épice
- 00:18:20 — L’espace de la boutique, ancien antiquaire Monsieur Edmond
- 00:20:30 — S’adapter à la période et aux petits prix
- 00:22:12 — Sa première image de Nice et la madeleine de Proust
- 00:24:11 — Le paradis perdu et les souvenirs de la maison familiale
- 00:28:20 — La différence entre routine parisienne et niçoise
- 00:29:11 — Le bar à vin Chez Simon et les apéros retrouvés
- 00:30:11 — Le marché de Beaulieu et la basse corniche
- 00:30:42 — L’offre culturelle : MAMAC, Opéra de Nice, Antibes, Monaco
- 00:32:11 — Ses adresses : cours Saleya, Safari, restaurants et librairie
- 00:33:45 — Pissaladière, fougasse et souvenirs gourmands entre Paris et Nice
Références de l’épisode
- Les choses qu’on aime, boutique de décoration, rue Defly, Nice
- Claude Lelouch, réalisateur
- Alain Cavalier, réalisateur
- Richard Berry, réalisateur
- La Fémis, école de cinéma
- L’ESRA, école de cinéma
- MAMAC, Nice
- Opéra de Nice
- Marque de foulards Épice, Palais-Royal, Paris
- Marque de linge de maison Mazarin, Luberon
- Balenciaga
- Accessoires Charlotte Paris
- Ancienne boutique de l’antiquaire Monsieur Edmond
- Bar à vin Chez Simon, Nice
- Marché de la Libération, Nice
- Cours Saleya, Nice
- Bar Le Mimosa, cours Saleya
- Bar des Amis, cours Saleya
- Le Safari, cours Saleya
- Restaurant Les Agitateurs, Nice (étoilé)
- Restaurant Chez Tintin, près de la place du Pain
- Restaurant Le Socle, rue Barla, Nice
- Librairie Les Parenthèses, Nice
- Marché de Beaulieu
- Villefranche-sur-Mer, basse corniche
- Montmartre, 18e arrondissement, Paris
- Puget-sur-Argens
FAQ
Qui est Laurence Couturier ?
Laurence Couturier est la fondatrice de la boutique de décoration Les choses qu’on aime, rue Defly à Nice, derrière le MAMAC. Avant cette reconversion, elle a exercé pendant quarante ans le métier de scripte de cinéma, aux côtés de réalisateurs comme Claude Lelouch et Alain Cavalier. Parisienne aux racines niçoises, elle s’est installée définitivement sur la Côte d’Azur.
Qu’est-ce que la boutique Les choses qu’on aime à Nice ?
Les choses qu’on aime est une boutique de décoration d’environ 80 m2, située rue Defly à Nice, derrière le MAMAC. Laurence Couturier y mêle trois univers : l’industrie, avec des pièces à petits prix ; l’artisanat, avec céramiques, bijoux et linge de maison ; et l’art, avec peintures et photographies. On y trouve des pièces souvent uniques, du bibelot au canapé.
Quel métier Laurence Couturier exerçait-elle dans le cinéma ?
Laurence Couturier était scripte, un métier de mise en scène responsable de la continuité de l’histoire sur un tournage. Puisqu’un film se fabrique dans le désordre, la scripte veille aux raccords, à la fluidité de la narration et au rythme. Elle a collaboré dix ans avec Claude Lelouch, quinze ans avec Alain Cavalier, et beaucoup travaillé sur des séries internationales.
Pourquoi Laurence Couturier a-t-elle quitté le cinéma pour s’installer à Nice ?
Après quarante ans de tournages et de voyages incessants, Laurence Couturier était lassée de ne jamais être chez elle. Le confinement de 2020 a servi de déclic. De racines niçoises, elle a racheté la maison familiale de sa grand-mère, son « paradis perdu », et a choisi Nice comme point d’ancrage, s’y installant définitivement en 2022.
Quelles sont les adresses niçoises préférées de Laurence Couturier ?
Elle fréquente le marché de la Libération et le cours Saleya, où elle aime le Safari, le Mimosa et le bar des Amis. Côté restaurants, elle cite Les Agitateurs (étoilé), Chez Tintin près de la place du Pain et Le Socle rue Barla. Elle apprécie aussi la librairie Les Parenthèses et le bar à vin Chez Simon, voisin de sa boutique.