Sylvain Brondel, co-fondateur du coffee-shop Frisson, invité du Pari(s) de la Riviera

Sylvain Frisson, but first coffee !

Sylvain Brondel est le co-fondateur de Frisson, coffee-shop & ice cream installé dans le Vieux-Nice. Ancien de la maison Colette à Paris, il a quitté l’agitation permanente de la capitale pour bâtir, avec Olivier Breton, un lieu pensé comme une marque : exigeant, curieux, pointu. Café de spécialité, glaces sourcées et collaborations avec des marques internationales — Frisson se conçoit en laboratoire créatif au cœur de la Riviera. Emmanuelle Mary ouvre la saison 2 du Pari(s) de la Riviera autour d’un café pour parler branding, réseau, intégration niçoise et changement de tempo entre Paris et la Méditerranée.

Le coffee-shop Frisson, de Colette au Vieux-Nice

Qui est Sylvain Brondel ?

Sylvain Brondel est le co-fondateur, avec Olivier Breton, du coffee-shop Frisson, installé au 8 rue Francis Gallo dans le Vieux-Nice. Formé chez Colette, l’institution parisienne de la mode et du concept store, il a fait ses armes dans un univers d’exigence et de curation qu’il revendique comme son ADN. Après avoir quitté Paris pour Nice il y a quatre ans, il a créé un lieu hybride — café de spécialité et glacier — pensé dès l’origine comme une marque, un espace de collaborations et un laboratoire créatif.

Frisson, ce sont deux activités réunies : « on tape l’escrime », plaisante-t-il en jouant sur la double identité café / glace. Le nom lui-même est né d’un voyage d’Olivier en Italie et de l’envie d’évoquer une émotion transposable à plusieurs domaines. Depuis deux ans, l’enseigne enchaîne les collaborations et les activations qui la font connaître bien au-delà de sa ruelle du Vieux-Nice.

De Colette au Vieux-Nice : l’école de l’exigence

Colette revient comme une matrice tout au long de l’entretien. Sylvain Brondel y a appris une manière de travailler que « personne d’autre n’a » et qui reste, selon lui, incopiable : « il faut la théorie, mais il faut le vivre. » Il évoque le merchandising réalisé le dimanche aux côtés de Colette elle-même sur le rez-de-chaussée du magasin — un apprentissage par le regard, sans équivalent. Après la fermeture, avec cinq ou six anciens de l’équipe, il a pensé la suite plutôt que de chercher à recréer à l’identique.

Cette culture nourrit directement Frisson : exclusivité, rareté, avant-première. L’enseigne change d’artiste, d’exposition ou de collaboration chaque mois pour offrir aussi bien au touriste de passage qu’au client hebdomadaire quelque chose à découvrir. Emmanuelle Mary fait le parallèle avec le concept store Mood de Cédric Capron, qu’elle surnommait « le Colette de la Riviera ».

Un coffee-shop pensé comme une marque

Le choix de Nice n’a rien d’anodin. Faire de la glace dans un endroit où il fait beau, plus chaud et blanc, tester avec ses propres moyens et ses propres finances pour tout maîtriser : le duo a voulu « se brûler un peu moins les ailes » avant d’envisager Paris, où se concentre l’essentiel de son réseau. L’implantation dans le Vieux-Nice, elle, répond à une stratégie assumée : viser d’abord le touriste, plus perméable à un nouveau concept que le Niçois, plus difficile à convaincre — surtout « fait par des Parisiens ». L’hiver, ce sont les Niçois qui reviennent, en flânant.

Le branding est un chantier permanent. Merch pensé, machine à café Marzocco assumée comme une référence — « un peu comme avoir son iPhone » —, casquettes, tote bags et bandanas issus d’une collaboration avec la marque coréenne Panic Pizza Club, bougie Frisson en série d’artistes. Sur l’année 2025, l’enseigne a multiplié les activations « hors les murs » : Monaco autour du Grand Prix, un travail avec Universal pour Cannes autour de Retour vers le futur, une collaboration avec Clarks pour son anniversaire, un rendez-vous Adidas pour la Fashion Week à Paris.

De Paris à Nice : le choix d’un autre tempo

Parisien, Sylvain Brondel a toujours dit qu’il finirait « dans le sud ». La famille de son père est à Avignon, mais il voulait le bord de mer. Entre Marseille et Nice, il a choisi Nice pour l’aéroport, le TGV, et le combo montagne-mer. Sa compagne de l’époque, originaire du sud, partageait cette envie de quitter Paris. Le premier souvenir marquant : arriver en février, trouver qu’il fait chaud « en bon Parisien », et aller voir le coucher de soleil depuis le port — cet horizon qu’on n’a pas à Paris.

Avant de lancer Frisson, il a passé quelques mois chez Impact, concept store de mode de la région, introduit par un ami commun, Sofiane. Une manière d’élargir son réseau et de comprendre la ville. Le projet Frisson a mis deux ans à sortir de terre ; le nom est arrivé huit à douze mois avant l’ouverture. La recherche du local a duré près d’un an — au bout du compte, c’est le tout premier emplacement repéré, à l’angle vitré avec vue sur la cathédrale, qui s’est libéré. « Un signe », dit-il.

Sourcing local et logique du réseau

Frisson travaille avec les meilleurs artisans locaux : un café d’un ancien Meilleur Ouvrier de France torréfacteur, des glaces élaborées avec trois maîtres glaciers, le labo restant chez ces artisans faute d’installation propre. Comment y accéder si vite ? « Les contacts. » Sylvain Brondel décrit une règle qu’il partage avec Olivier Breton : le triangle à trois points, l’idée qu’on est toujours à deux personnes de celle qu’on cherche — d’autant plus avec les réseaux. Des tonnes de mails, des mises en relation, et la confiance qui circule.

Sur l’intégration, il reste lucide : « je serai jamais niçois. » Il salue le patrimoine magnifique, mais regrette que la culture de l’apéro à la maison, si présente à Paris, soit plus rare ici — peut-être une question de climat, peut-être de tempérament. Côté business, il observe des différences : parfois moins de professionnalisme, des tarifs élevés pour un travail décevant, mais aussi de belles exceptions comme son torréfacteur. Il évoque une mouvance créative locale qui monte, citant l’initiative La Petite Bombe portée par Chloé Rochère pour faire émerger les talents du cru.

Régularité et discipline : le pari du long terme

Le rythme méditerranéen n’exclut pas la contrainte. Frisson est fermé le lundi et le mardi hors saison, mais l’été impose des journées longues, de l’ouverture matinale aux apéros du soir mêlant vin nature et glace, suivis des débriefs et de la préparation des réseaux sociaux. « C’est assez dense. » Sylvain Brondel se lève plus tôt, se couche plus tôt, vit un quotidien plus calme — un équilibre qu’il reconnaît nécessaire, même s’il retourne à Paris au moins pour chaque Fashion Week, quatre fois par mois, y puiser une énergie qu’il ne retrouve pas ailleurs.

Sa conviction finale rejoint l’esprit du podcast : un projet entrepreneurial, comme le sport, exige régularité et discipline. Le défi consiste à conjuguer l’inspiration de la Riviera avec cette rigueur et cette envie de business. Un pari qu’il assume, tempo méditerranéen compris, sans renoncer à l’ambition.

Au fil de l’épisode

  • 00:00:00 — Lancement de la saison 2 autour d’un café
  • 00:00:56 — Frisson, coffee-shop & glacier du Vieux-Nice depuis deux ans
  • 00:01:49 — Le nom Frisson et l’idée née d’un voyage en Italie
  • 00:02:54 — Pourquoi Nice plutôt que Paris pour se lancer
  • 00:04:39 — La « hype » de Colette comme école de référence
  • 00:05:35 — Curation, exclusivité, rareté, avant-première
  • 00:07:19 — Collaboration avec Panic Pizza Club et le merch Frisson
  • 00:08:40 — Branding et positionnement différenciant
  • 00:09:13 — S’implanter dans le Vieux-Nice : toucher le touriste puis le local
  • 00:10:55 — Les activations 2025 : Monaco, Universal, Clarks, Adidas
  • 00:12:39 — L’arrivée à Nice et le passage chez Impact
  • 00:14:22 — Avignon, le bord de mer et le choix de Nice
  • 00:18:12 — Frisson : deux ans pour sortir de terre
  • 00:22:49 — Un an pour trouver le local, le « signe » de l’emplacement
  • 00:25:35 — Aménagement, parcours client et travaux express
  • 00:27:19 — La machine à café Marzocco comme référence
  • 00:28:00 — Sourcing : torréfacteur MOF et maîtres glaciers
  • 00:29:22 — Le triangle du réseau et la logique des contacts
  • 00:30:09 — « Je serai jamais niçois » : l’intégration et l’apéro
  • 00:37:53 — Travailler avec les Niçois vs les Parisiens
  • 00:39:18 — La créativité locale et l’initiative La Petite Bombe
  • 00:42:26 — Horaires, saisonnalité et rythme du coffee-shop
  • 00:44:18 — Un quotidien plus calme et les retours à Paris
  • 00:45:34 — Régularité et discipline comme moteurs entrepreneuriaux

Références de l’épisode

  • Frisson, coffee-shop & ice cream, 8 rue Francis Gallo, Vieux-Nice
  • Olivier Breton, co-fondateur de Frisson
  • Colette, ancien magasin parisien
  • Mood, concept store, Cédric Capron
  • Pascaline (boutique, quartier du Luxembourg à Paris)
  • Panic Pizza Club, marque coréenne
  • Universal
  • Clarks
  • Adidas
  • Grand Prix de Monaco
  • Fashion Week de Paris
  • Impact, concept store de mode
  • Sofiane (ami, mise en relation)
  • La Marzocco, machine à café
  • La Petite Bombe, initiative portée par Chloé Rochère
  • Marinette (Vieux-Nice, repère de la ruelle)
  • Vieux-Nice, cathédrale
  • Avignon
  • Marseille

FAQ

Qui est Sylvain Brondel ?

Sylvain Brondel est le co-fondateur, avec Olivier Breton, du coffee-shop Frisson, installé dans le Vieux-Nice. Ancien de la maison parisienne Colette, il a quitté Paris pour Nice il y a quatre ans afin de créer un lieu hybride, café de spécialité et glacier, pensé comme une marque et un laboratoire créatif au cœur de la Riviera.

Qu’est-ce que Frisson à Nice ?

Frisson est un coffee-shop & ice cream situé au 8 rue Francis Gallo, dans le Vieux-Nice, ouvert depuis deux ans. Le lieu associe café de spécialité et glaces sourcées auprès d’artisans locaux, et se conçoit comme une marque : collaborations mensuelles avec artistes et marques, merch, expositions, dans une logique d’exclusivité et de renouvellement permanent.

Pourquoi Sylvain Brondel a-t-il quitté Paris pour Nice ?

Il souhaitait rejoindre le sud et le bord de mer. Entre Marseille et Nice, il a choisi Nice pour l’aéroport, le TGV et le combo montagne-mer. Lancer un projet de glacier dans un endroit ensoleillé, avec ses propres moyens, permettait aussi de « se brûler un peu moins les ailes » avant d’envisager Paris.

Qu’a apporté Colette à sa vision ?

Colette lui a transmis un niveau d’exigence et une culture de la curation qu’il revendique comme l’ADN de Frisson : exclusivité, rareté, avant-première, renouvellement mensuel. Il évoque un apprentissage par le regard, notamment le merchandising réalisé le dimanche aux côtés de Colette elle-même, impossible à copier selon lui.

Avec quelles marques Frisson a-t-il collaboré ?

En 2025, Frisson a multiplié les activations hors les murs : autour du Grand Prix de Monaco, avec Universal pour Cannes, avec Clarks pour son anniversaire, avec Adidas pour la Fashion Week à Paris. L’enseigne a aussi collaboré avec la marque coréenne Panic Pizza Club pour du merch (casquettes, tote bags, bandanas).

Où trouver Frisson à Nice ?

Frisson se situe au 8 rue Francis Gallo, dans le Vieux-Nice, à un angle vitré avec vue sur la cathédrale. L’établissement est fermé le lundi et le mardi hors saison, avec des horaires élargis l’été.

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