Rendez-vous sur la Prom avec Thibaut « Archie Bows » #2
Thibaut Duval est un créateur niçois installé au cœur du quartier Riquier, à l’origine de la marque Archie Bows et de ses vestes vintage recyclées, pièces uniques taillées dans du linge de maison ancien.
Normand d’origine, passé par vingt ans dans le commerce comme manager et visuel merchandiser, il a fait de sa passion du vintage un métier à part entière. Reconversion en 2020, autodidacte de la couture, explosion soudaine sur Instagram : Julien Gérard le reçoit chez lui, dans un appartement en formica des années 60, pour parler upcycling, mode circulaire et « nostalgie positive » à quelques mètres de la Prom’.
Archie Bows, des vestes vintage uniques cousues à Nice
Qui est Thibaut Duval ?
Thibaut Duval est un créateur niçois, fondateur de la marque Archie Bows, spécialisée dans les vestes et blousons vintage fabriqués à partir de linge de maison ancien recyclé. Normand d’origine, il est installé à Nice depuis 2005 et travaille aujourd’hui depuis son appartement du quartier Riquier, où il coud lui-même chacune de ses pièces.
Avant de vivre de sa création, Thibaut Duval a passé une vingtaine d’années dans le commerce, comme manager et responsable de magasin, mais aussi comme visuel merchandiser — chargé de la théâtralisation des produits, des vitrines et des mannequins. Un parcours dans le prêt-à-porter qui a nourri son goût de la mode, après des études de comptabilité choisies un peu par défaut, faute d’orientation claire à sa sortie de formation.
D’un vieux tee-shirt aux vestes recyclées : la naissance d’Archie Bows
Tout commence en 2012, en parallèle de son emploi de salarié. À l’époque du grand boom des nœuds papillon, Thibaut Duval lance une micro-entreprise pour commercialiser en toute légalité ses premières confections. Il parle lui-même d’une activité pour « mettre du beurre dans les épinards », en complément de salaire : des commandes de mariage, deux groupes de rock niçois qui lui demandent un nœud papillon par membre, rien de très structuré encore.
La véritable bascule intervient en 2020. Fatigué de tourner en rond dans son métier de manager, frustré de ne pas exploiter sa fibre créative, il quitte son emploi juste avant le confinement. « Ce n’était pas la bonne année, mais parfois on ne choisit pas vraiment », résume-t-il. Ces deux mois d’enfermement deviennent une bulle pour se recentrer et penser un concept plus abouti, dans le cadre d’un vrai business plan.
Le linge de maison ancien, matière première d’une mode circulaire
Le produit phare d’Archie Bows, aujourd’hui, c’est la veste. Thibaut Duval récupère du linge de maison rétro — couvertures, duvets, sacs de couchage aux imprimés Disney ou Tintin — pour le transformer en blousons. L’idée est née d’une frustration : celle de chiner de superbes textiles et de les laisser dormir dans une armoire. « Il faut se pavaner dans la rue avec », dit-il, décidé à sortir ces imprimés des placards.
Son sourcing repose sur la seconde main et l’économie solidaire : magasins Emmaüs, Secours Populaire de la rue Bonaparte, ressourceries, application Vinted. Une communauté de passionnés de chine lui déniche parfois des duvets lors de leurs propres virées, ce qui lui fait gagner un temps précieux et fédère autour d’un loisir commun.
Chaque veste est une pièce unique. Thibaut Duval revendique un ancrage artisanal assumé : même s’il envisage un jour de développer son activité, il refuse la production industrielle qui ferait perdre à ses créations leur exclusivité. Un argument de vente qui « fait mouche à chaque fois » : dans le monde de la mode, rares sont les vêtements uniques au monde.
L’explosion Instagram et un nouveau rythme de travail
Début décembre, Thibaut Duval comptait environ 3 500 abonnés sur Instagram. Un reel montrant la transformation d’une couverture ancienne en veste est propulsé par l’algorithme : en moins d’un mois, plus de 50 000 personnes atterrissent sur sa page. Il grimpe à 54 000 abonnés. « Ce n’est pas juste un chiffre », insiste-t-il, conscient qu’autant de personnes ont aimé son travail — un pic de visibilité aussi grisant que déstabilisant.
Cette reconnaissance a transformé son business. Fini le petit stock tampon qui alimentait ses marchés : il travaille désormais à flux tendu, et chaque pièce mise en vente sur son site part rapidement. Une logique d’exclusivité que ses abonnés ont bien comprise. Autodidacte, il coud au moins six heures par jour, parfois le week-end : sept à huit heures pour une veste sans manche, environ dix heures pour un blouson à manches, sans compter la chine et les prises de vue.
Sa clientèle est large et c’était un objectif : des vestes non genrées, unisexes, portées autant par des hommes que par des femmes, des plus jeunes aux plus mûrs — dont une cliente de plus de 70 ans qui lui laisse des commentaires sur Instagram. Sa plus belle récompense reste le client qui revient acheter une deuxième, voire une troisième pièce.
Le vintage comme art de vivre et « nostalgie positive »
L’interview est enregistrée chez lui, dans une cuisine des années 60 en formica, entourée de bibelots colorés et seventies. Le vintage est sa première passion, au-delà de la mode : Archie Bows et Thibaut, c’est un même concept, une même « nostalgie positive ». Il aime retrouver les objets de son enfance ou de chez ses grands-parents, non par mal-être ou refus d’évoluer, mais comme une bouffée d’oxygène. « Je suis un mec hyper heureux en 2023, mais j’ai besoin de m’entourer d’énergie positive. »
Chineur invétéré, il préfère nettoyer un objet crasseux et le voir de nouveau briller plutôt que de déballer un carton de plastique neuf. Son appartement, documenté sur le compte Instagram Vinthags, a déjà fait l’objet de parutions dans des magazines de brocante, d’un ouvrage réalisé en collaboration avec Le Bon Coin, et sert parfois de décor à des shootings — comme une campagne de prêt-à-porter enfant.
Nice, l’architecture et le quartier Riquier
Arrivé à Nice en 2005 par opportunité professionnelle, Thibaut Duval a eu un coup de cœur immédiat pour la ville et son architecture. Dix-huit ans plus tard, il se promène toujours le nez en l’air, ébahi par les façades d’influence italienne. Avant Nice, il avait vécu à Annecy, une belle ville qui ne collait pourtant pas à ses envies de jeunesse.
Aujourd’hui, il se voit encore à Nice dans dix ans. Il habite en plein cœur de Riquier, où il a tous ses repères : ses commerces, ses dépôts-vente comme le Troc d’Azur près de la place Arson, le Secours Populaire de la rue Bonaparte, le quartier du Port où il aime se promener. Une fois par mois, on peut le retrouver au marché artisanal de la place Garibaldi.
En fin d’entretien, il suggère un prochain invité : Marie, une jeune femme d’une vingtaine d’années qui a récemment ouvert une friperie dans le quartier Riquier, avec qui il a partagé un pop-up en décembre. « Un endroit très sympa », dit-il, admiratif de son audace.
Au fil de l’épisode
- 00:01:32 — Présentation de Thibaut Duval, Normand installé à Nice
- 00:02:24 — Vingt ans dans le commerce : manager et visuel merchandiser
- 00:03:12 — Des études de comptabilité par défaut
- 00:04:21 — Naissance d’Archie Bows en 2012 avec les nœuds papillon
- 00:05:20 — Les vestes en linge de maison recyclé, produit phare
- 00:05:43 — Le marché artisanal de la place Garibaldi
- 00:06:08 — La reconversion de 2020 et le départ du salariat
- 00:07:16 — Quitter son emploi juste avant le confinement
- 00:09:07 — Où trouver les couvertures : Emmaüs, ressourceries, Vinted
- 00:11:12 — L’explosion Instagram : de 3 500 à 54 000 abonnés
- 00:12:32 — Le passage au flux tendu et l’exclusivité
- 00:14:17 — Une clientèle large et non genrée
- 00:17:35 — Six heures de couture par jour, autodidacte
- 00:20:48 — Anecdote d’un marché difficile place Garibaldi
- 00:23:32 — L’appartement en formica et la déco vintage
- 00:25:07 — Le compte Instagram Vinthags et les parutions presse
- 00:27:33 — Pourquoi Nice : coup de cœur pour l’architecture
- 00:29:22 — Le quartier Riquier et ses habitudes
- 00:30:03 — Suggestion d’un prochain invité : Marie, friperie à Riquier
Références de l’épisode
- Archie Bows, marque de vestes vintage de Thibaut Duval
- Vinthags, compte Instagram dédié à la déco vintage
- Emmaüs
- Secours Populaire, rue Bonaparte
- Vinted
- Troc d’Azur, près de la place Arson
- Le Bon Coin (ouvrage en collaboration)
- Place Garibaldi, marché artisanal
- Quartier Riquier
- Quartier du Port
- Promenade des Anglais
- Annecy
- Genève, Suisse
- Normandie
FAQ
Qui est Thibaut Duval ?
Thibaut Duval est un créateur niçois, fondateur de la marque Archie Bows. Normand d’origine installé à Nice depuis 2005, il a d’abord travaillé vingt ans dans le commerce comme manager et visuel merchandiser avant de se reconvertir en 2020 dans la création de vestes vintage recyclées, qu’il coud lui-même depuis le quartier Riquier.
Qu’est-ce que la marque Archie Bows ?
Archie Bows est la marque de Thibaut Duval. Lancée en 2012 avec des nœuds papillon, elle s’est recentrée sur les vestes et blousons unisexes fabriqués à partir de linge de maison ancien recyclé : couvertures, duvets et sacs de couchage aux imprimés vintage. Chaque pièce est unique, cousue à la main.
Où acheter les créations de Thibaut Duval à Nice ?
Thibaut Duval vend ses créations en ligne, via son site et son compte Instagram, où les pièces partent rapidement. Une fois par mois, on peut aussi le retrouver sur le marché artisanal de la place Garibaldi, à Nice, selon l’état de son stock.
Comment Thibaut Duval fabrique-t-il ses vestes ?
Autodidacte de la couture, Thibaut Duval récupère du linge de maison ancien dans les magasins Emmaüs, le Secours Populaire, les ressourceries ou sur Vinted. Il transforme couvertures et duvets en blousons uniques, avec sept à dix heures de travail par pièce. Il coud au moins six heures par jour.
Qu’est-ce que la « nostalgie positive » selon Thibaut Duval ?
La « nostalgie positive » est le fil rouge de l’univers de Thibaut Duval. Il aime s’entourer d’objets de son enfance et d’imprimés rétro non par mal-être, mais comme une source d’énergie. Son appartement niçois en formica des années 60, documenté sur le compte Instagram Vinthags, incarne cet art de vivre vintage.