Rendez-vous sur la Prom avec Nicolas Catovic #4
Nicolas Catovic est photographe professionnel et propriétaire du Modjo Studio, à quelques pas de la Prom, sur le cours Saleya, à Nice. Ce touche-à-tout hyperactif — reportage d’entreprise, mariage, portrait, drone, formation — a découvert la photographie sur le tard, presque par hasard, lors d’un tour du monde entamé en 2019. Deux ans plus tard, il ouvrait son studio au cœur du Vieux-Nice. Jean-Raphaël Drahi le reçoit pour retracer un parcours fulgurant, revenir sur son attachement à sa ville natale et évoquer ses prochains défis.
Photographe autodidacte et fondateur du Modjo Studio, cours Saleya
Qui est Nicolas Catovic ?
Nicolas Catovic est photographe professionnel et propriétaire du Modjo Studio, un studio photo installé sur le cours Saleya, à quelques pas de la promenade des Anglais, à Nice. Né à Nice, il y a passé ses dix premières années avant un long passage en Corse, puis un retour dans la région pour finir ses études.
Avant la photographie, son parcours n’avait rien d’artistique : BTS assistant manager, licence en gestion et management de la grande distribution, alternance chez Sephora, puis une carrière dans la location de véhicules jusqu’à un poste de directeur d’agence à Annecy. Autodidacte complet, il a appris la photographie seul, à coups de tutoriels YouTube regardés dans des chambres d’hôtel, avant d’en faire son métier et d’ouvrir son propre studio le 1ᵉʳ septembre 2022.
Un tour du monde et un déclic
Le tournant, Nicolas Catovic le doit à sa compagne. Alors qu’il commence à saturer de ses allers-retours professionnels, elle lui suggère de tout laisser derrière eux pour partir. Elle achète un appareil photo, lui un drone, et ils s’envolent pour près de dix mois de voyage, de mai 2019 jusqu’au tout début 2020, en commençant par le Mexique.
Au départ, il ne maîtrise rien : mode automatique, photos floues, surexposées ou sous-exposées. Sur les conseils d’un ami, il se met en manuel et apprend. « Je pratiquais tous les jours, donc à un moment donné, ça t’oblige de lever le niveau. » La photographie devient sa troisième grande passion, après le tennis et la moto.
De retour en France, le confinement les bloque un temps en Bulgarie, pays d’origine de sa compagne. Quand son employeur cherche à négocier son départ, c’est elle, encore, qui le pousse : « Si on doit manger des pâtes, on mangera des pâtes. Mais tu as trouvé ta passion, tu peux en faire un métier, fonce. » Il fonce.
Le Modjo Studio, un lieu à son image
Le studio du cours Saleya n’est pas qu’un espace de travail. Nicolas Catovic voulait un lieu à part, où le meilleur photographe du monde comme le simple curieux se sentent à l’aise. On y trouve une grande imprimante, un setup vidéo, des drones accrochés aux murs, un coin portrait et des cartes postales de ses photos de voyage : le reflet d’un « couteau suisse » qui revendique sa curiosité.
Le studio lui sert aussi à poser un cadre. Il y reçoit ses clients corpo et ses futurs mariés, autour d’un café, loin du bruit et du service de midi d’une terrasse. « Si tu veux rester au studio pendant 3 h pour parler de ton mariage, on parle 3 h. » Il y a également gagné une hygiène de travail : plus d’accès à ses mails professionnels une fois rentré chez lui.
Quant au nom : « modjo » désigne en anglais le feu intérieur, le tempérament, ce petit truc positif qu’on porte en soi. Il l’a orthographié comme un groupe de musique du début des années 2000 qu’il écoutait en boucle — et, coïncidence, le propriétaire de l’immeuble s’appelle Monsieur Mojo. Une « flopée de signes ».
Transmettre, râler, partager sa vraie vie
Depuis février 2021, Nicolas Catovic donne des cours de photographie en présentiel via la plateforme Photo Prof, activité reprise d’un ami qui souhaitait arrêter. Théorie au studio autour d’un café, puis pratique dans les ruelles du Vieux-Nice, ce « beau terrain de jeu » aux forts contrastes d’ombre et de lumière. Ancien moniteur de tennis dans son club, il aime transmettre : « Je ressors fatigué de la voix, mais requinqué en termes d’esprit. » Il prépare des formations en digital pour début janvier.
Sur Instagram, où il partage largement son quotidien, il assume un parti pris de transparence. Là où beaucoup ne montrent que la réussite et les belles voitures, lui parle aussi des clients qui ne paient pas ou qui annulent au dernier moment. Ce ton direct a séduit sa communauté. Autoproclamé râleur — « un petit échauffement » plus qu’une plainte —, il aime aussi glisser des messages plus positifs, histoire de redonner le sourire à ceux qui traversent une période difficile.
Nice, ville de cœur et point de départ
Pourquoi Nice ? D’abord parce qu’il y est né, mais surtout parce que tout son réseau s’y trouvait : un choix de cœur autant que stratégique pour lancer une activité entièrement nouvelle. La ville, il la résume en un mot, « soleil », et la qualifie de lumineuse — un adjectif qui colle à son métier.
Ses trois endroits emblématiques : le cours Saleya, dans le Vieux-Nice, pour boire un verre ; la colline du château et son panorama « inimitable » sur la baie des Anges ; et l’arrière-pays niçois, notamment le village de Clans, où il a vécu trois ans et où il aime se ressourcer.
Nice reste néanmoins un point de départ plus qu’une ancre définitive. Il assume ne pas ressentir ce besoin d’ancrage : très adaptable, grand voyageur, il envisage à moyen terme un second studio plus vaste, partagé avec d’autres créatifs, et à plus long terme une installation à l’étranger — dans les pays de l’Est, en lien avec ses origines et le projet de sa compagne bulgare — sans jamais couper le lien avec Nice.
Au fil de l’épisode
- 00:00:05 — « Ne jamais dire jamais » : le proverbe qui le caractérise
- 00:02:02 — Rencontre au studio, à quelques pas de la Prom
- 00:02:24 — La date du 1ᵉʳ septembre 2022, ouverture du studio
- 00:03:34 — Son parcours avant la photo : BTS, gestion, location de voiture
- 00:04:47 — Directeur d’agence à Annecy et l’idée du tour du monde
- 00:05:14 — Départ en mai 2019, du Mexique au retour début 2020
- 00:06:50 — Bloqué en Bulgarie, la négociation du départ pendant le confinement
- 00:07:54 — « Si on doit manger des pâtes, on mangera des pâtes »
- 00:09:13 — Autodidacte : apprendre la photo seul via YouTube
- 00:11:07 — Ses trois passions : tennis, moto, photo
- 00:12:16 — Pourquoi Nice : ville natale, réseau, climat
- 00:13:48 — Le rapport à l’ancrage et à la ville de cœur
- 00:15:12 — Nicolas « couteau suisse » et sa curiosité
- 00:16:54 — L’intérieur du studio, à son image
- 00:19:14 — Une journée type au studio
- 00:21:19 — À quoi sert un studio photo
- 00:24:15 — L’origine du nom Modjo Studio
- 00:26:21 — Devenir formateur après avoir tout appris seul
- 00:27:56 — Les cours via la plateforme Photo Prof depuis février 2021
- 00:31:24 — Photographier le Vieux-Nice et la photo de rue
- 00:33:22 — Sa présence sur Instagram et le parti pris de transparence
- 00:37:38 — L’art de râler « à la française »
- 00:38:01 — Ses projets : second studio, installation à l’étranger
- 00:40:09 — Ses trois endroits emblématiques à Nice
- 00:42:18 — Le profil qu’il suggère : un coach sportif, ex-militaire
Références de l’épisode
- Modjo Studio, cours Saleya, Nice
- Photo Prof, plateforme de cours de photographie
- Sephora
- Groupe Modjo (musique, années 2000)
- Austin Powers
- YouTube, Instagram
- Mexique
- Bulgarie
- Annecy
- Corse
- École Régina Chelly, Nice
- Cours Saleya, Vieux-Nice
- Promenade des Anglais, baie des Anges
- Colline du château
- Clans, arrière-pays niçois
- Sami Duplan, coach sportif
FAQ
Qui est Nicolas Catovic ?
Nicolas Catovic est un photographe professionnel niçois, propriétaire du Modjo Studio, sur le cours Saleya, à Nice. Autodidacte, il a découvert la photographie lors d’un tour du monde en 2019, avant d’ouvrir son studio le 1ᵉʳ septembre 2022. Il exerce en reportage d’entreprise, mariage et portrait, pilote un drone et forme des élèves à la photo.
Où se trouve le Modjo Studio de Nicolas Catovic ?
Le Modjo Studio est installé sur le cours Saleya, dans le Vieux-Nice, à quelques pas de la promenade des Anglais. Nicolas Catovic y reçoit ses clients corpo et ses futurs mariés, y réalise des portraits et y assure la partie théorique de ses cours de photographie avant de partir pratiquer dans les ruelles alentour.
Comment Nicolas Catovic est-il devenu photographe ?
Nicolas Catovic a appris la photographie en autodidacte lors d’un tour du monde entamé en mai 2019. Parti d’un total débutant en mode automatique, il s’est formé seul en regardant des tutoriels YouTube et en pratiquant chaque jour. De retour en France, encouragé par sa compagne, il a quitté son poste dans la location de véhicules pour en faire son métier.
Que signifie le nom Modjo Studio ?
« Modjo » désigne en anglais le feu intérieur, le tempérament, ce petit truc positif que l’on porte en soi. Nicolas Catovic l’a orthographié comme un groupe de musique du début des années 2000 qu’il écoutait beaucoup jeune. Coïncidence, le propriétaire de l’immeuble de son studio niçois s’appelle Monsieur Mojo.
Nicolas Catovic donne-t-il des cours de photographie à Nice ?
Oui. Depuis février 2021, Nicolas Catovic donne des cours de photographie en présentiel via la plateforme Photo Prof. La théorie se déroule au studio, autour d’un café, puis les élèves pratiquent dans le Vieux-Nice. Il prépare également des formations en digital et aime particulièrement cette dimension de transmission.
Quels sont les lieux préférés de Nicolas Catovic à Nice ?
Nicolas Catovic cite trois endroits emblématiques : le cours Saleya, dans le Vieux-Nice, pour boire un verre ; la colline du château, pour son panorama sur la baie des Anges ; et l’arrière-pays niçois, notamment le village de Clans, où il a vécu trois ans et où il aime se ressourcer.