Les Secrets d’un Palace Niçois : au cœur du luxe avec Eric Trolliard, directeur de l’hôtel Aston La Scala #17

Éric Trolliard est le directeur général de l’hôtel Aston La Scala, palace niçois posté à trois minutes à pied de la Promenade des Anglais. Formé à l’hôtellerie et au tourisme, aguerri pendant plus de vingt ans à Paris — du Concorde Montparnasse à un quatre étoiles derrière l’Élysée, en passant par la maison Vuitton — il a posé ses valises à Nice en 2015 et n’en est jamais reparti. Jean-Raphaël Drahi le reçoit au septième étage de l’Aston La Scala pour parler des coulisses du luxe hôtelier, de management, d’expériences mémorables et d’un emplacement qu’il juge le plus beau de la ville.

Les coulisses du luxe hôtelier à l’Aston La Scala, face au Vieux-Nice

Qui est Éric Trolliard ?

Éric Trolliard est le directeur général de l’hôtel Aston La Scala, un établissement quatre étoiles situé à trois minutes à pied de la Promenade des Anglais, en plein cœur de Nice. Savoyard d’origine — au carrefour de Grenoble, Chambéry et Albertville — il arrive à l’hôtellerie après un bac scientifique, puis enchaîne BTS, licence et maîtrise en hôtellerie, tourisme, thermalisme et développement régional. Il se forge deux cordes à son arc, secteur privé et secteur public, avec un passage en cabinet ministériel qui le convainc vite que c’est le privé qui l’emportera.

Il fait ses armes dans un cinq étoiles à Saint-Tropez, poursuit au Royal Evian Resort sur les bords du lac Léman, puis travaille seize ans pour le groupe Taittinger, jusqu’à l’ouverture du Concorde Montparnasse, un 354 chambres au cœur de Paris. Il dirige ensuite un quatre étoiles derrière l’Élysée avant de rejoindre Nice, en 2015, à la tête de l’Aston La Scala.

De Saint-Tropez à Paris : un parcours dans l’hôtellerie de prestige

Éric Trolliard raconte un itinéraire construit sur l’exigence. Après ses études, il choisit le terrain plutôt que l’administration : « comme tout bon citoyen », il accomplit ses obligations militaires, puis se lance dans la vie active. Le cinq étoiles tropézien, le palace au bord du lac Léman, puis les seize années au sein de la famille Taittinger dessinent une trajectoire tournée vers le haut de gamme.

L’ouverture du Concorde Montparnasse, un hôtel de 354 chambres, marque la fin de cette période. Éric Trolliard veut alors travailler pour un propriétaire privé : il traverse la Seine et prend la direction d’un quatre étoiles de 130 chambres, juste derrière l’Élysée — un établissement dont le nom d’alors, dit-il, ressemblait presque à celui de l’Aston.

Là, il capte des clientèles nouvelles. La mode et les Fashion Week d’abord, où un groupe corporate peut réserver jusqu’à 80 chambres sur onze nuits, trois fois par an. Puis un contrat de trois ans avec la maison Vuitton, qui lui envoie chaque semaine dix-sept directeurs de boutiques du monde entier venus s’initier à la culture du luxe à Paris — des groupes « back to back », un qui part, un qui arrive.

Délégations militaires et sommets d’État : l’hôtellerie sous haute tension

Autre clientèle apportée par Éric Trolliard : la défense. Son établissement parisien reçoit de nombreuses délégations militaires étrangères, avec les impératifs de sécurité que cela suppose. Il évoque l’accueil d’un responsable de la CIA, d’un chef d’état-major des armées américaines, et surtout le Sommet de la Francophonie, l’opération qui lui a demandé le plus d’énergie et de précision : quatorze délégations étrangères, chacune avec son ministre des Affaires étrangères, son ministre de la Défense et son chef d’état-major. Un moment « grandiose » dont l’équipe garde, dit-il, un souvenir mémorable.

L’arrivée à Nice : « on a l’impression d’être en vacances tous les jours »

En 2015, le propriétaire de son hôtel parisien, également détenteur de l’Aston à Nice, lui propose de venir diriger l’établissement niçois. Éric Trolliard, qui ne connaît pas la ville, se donne « peut-être quelques mois, un an, deux ans, trois ans maximum » avant de repartir à Paris. Le premier matin où il ouvre les volets sur un ciel bleu et un soleil qui dure 300 jours par an suffit à le convaincre.

Il investit, quitte définitivement Paris et savoure un cadre qu’il décrit avec gourmandise : la mer en face, le Mercantour dans le dos, l’Italie d’un côté, la Provence de l’autre. Nice, pour lui, est une ville « pleine d’énergie », riche de son histoire, de ses musées, de ses lieux à visiter, où l’on peut passer une semaine, quinze jours ou trois semaines sans jamais s’ennuyer.

Diriger un hôtel de luxe : le client et l’équipe

Interrogé sur les particularités du poste, Éric Trolliard ramène tout à deux paramètres. Le client d’abord, « notre poumon » : anticiper ses attentes, être force de proposition, entretenir une relation courtoise, discrète, car « le client voit mais ne dit pas forcément ». C’est ce qui le fera revenir et se souvenir de l’hôtel.

L’équipe ensuite, sans laquelle « vous ne pouvez rien diriger ». Sa devise : « une main de fer dans un gant de velours ». Être directif, mais savoir parler à chacun, car chaque personne est un individu qui se manage différemment. Il insiste sur l’idée qu’un client vient vivre une expérience, quelque chose de mémorable — un sourire, une attitude, un produit, une surprise. L’hôtel emploie 75 personnes en hiver, un effectif qui double l’été ; en 2023, un remplissage très fort dès le mois de mars a conduit à faire venir les saisonniers deux mois plus tôt que prévu.

L’Aston La Scala : un emplacement « magique » face au Vieux-Nice

Éric Trolliard ne cache pas sa fierté quand il parle de l’établissement : selon lui, le plus bel emplacement de Nice. Entre l’hôtel et la Méditerranée s’intercale la ville historique, éclairée la nuit, que l’Aston regarde de jour comme de nuit. On y fait tout à pied — le Vieux-Nice, le shopping sur l’avenue Jean Médecin, les rues à l’arrière de l’hôtel — et l’on ne reprend la voiture que pour l’aéroport.

L’hôtel compte 150 chambres, de 25 à 60 mètres carrés, une douzaine de suites, et 12 000 mètres carrés d’exploitation. Éric Trolliard en profite pour révéler un projet : 17 suites supplémentaires, attenantes à l’Aston, qui porteront un autre nom encore tenu secret. Construit à la fin du XIXᵉ siècle, l’établissement fait partie du secteur protégé architectural de Nice — couleurs de façades et volets sont soumis aux règles d’urbanisme. Il est connu pour avoir hébergé une célébrité, « Sir Coventry », dont le coup de canon de midi, encore tiré chaque jour, servait autrefois de rappel pour venir déjeuner.

Restauration, fitness, live music : se démarquer dans une ville touristique

Pour Éric Trolliard, un hôtel de luxe ne peut se contenter de belles chambres. Il défend la diversification des offres, à commencer par la restauration, qui « fait vivre l’hôtel ». L’Aston compte trois points de vente : le Moon Bar à la piscine, le club au septième étage et l’Horloge au rez-de-chaussée, plus le room service, avec une palette culinaire allant des plats du terroir aux plats méditerranéens.

L’établissement a aussi créé un espace fitness au rez-de-chaussée, animé par un coach présent de 7 h à 22 h du lundi au samedi, dont les cours affichent complet et attirent de nombreux Niçois de l’extérieur. Une cabine de massage et d’esthétique complète l’offre. Enfin, les concerts live, du mardi au dimanche, sont devenus une marque de fabrique : l’Aston se dit parmi les pionniers de la ville sur ce format. Éric Trolliard raconte une soirée mémorable de l’automne dernier : Véronique Sanson, venue avec ses techniciens et ses musiciens, a improvisé un « bœuf » au piano au septième étage après son concert, sous les yeux subjugués des clients présents.

Grands événements et concurrence : « il faut se battre tous les jours »

Nice bouge, et l’hôtel s’adapte. Pour l’Ironman — dont les tentes occupaient la coulée verte au moment de l’enregistrement — l’Aston propose un petit déjeuner dès 5 h et une offre alimentaire calée sur les besoins des athlètes. Pour la Coupe du monde de rugby, un étage est dédié à la retransmission des matchs ; pour le Carnaval, des offres restauration adaptées et une exposition de costumes d’opéra, en lien avec la ville.

Face à une concurrence en pleine expansion — Éric Trolliard cite 2400 chambres construites ou en construction — il refuse de baisser la garde : « si vous êtes le meilleur, il faut se battre tous les jours ». Il compte sur l’emplacement, la notoriété de l’Aston et une clientèle fidèle à l’hôtel comme à l’équipe. Il se félicite d’une saison excellente, meilleure selon lui qu’à Cannes ou Antibes, avec le retour en force des Américains, des Anglais et des Scandinaves — Norvégiens, Danois, Suédois — après plusieurs années d’absence. Il note aussi la mise en stand-by de l’activité congrès depuis la démolition d’Acropolis, aujourd’hui compensée par le sportif et le culturel.

Ses adresses à Nice et sur la Côte d’Azur

La Savoie, Paris ou Nice ? « Mon cœur balance aujourd’hui pour Nice », tranche Éric Trolliard, sans renier ses origines savoyardes ni le Paris qui « restera toujours Paris ». Parmi ses adresses de prédilection, il cite La Pinède, hôtel-restaurant sur les rochers au Cap-d’Ail, pour sa gastronomie méditerranéenne, une terrasse sur les hauteurs de Saint-Jean-Cap-Ferrat pour boire un verre loin du tumulte, et une plage niçoise qu’il garde pour lui. Nice en un mot ? « Magique ». Pour un prochain épisode, il suggère Stéphane Longo, le créateur de « Totor », le chien sculpté que l’on croise dans la ville.

Au fil de l’épisode

  • 00:01:26 — Accueil au septième étage de l’Aston La Scala, la vue sur Nice
  • 00:02:05 — Du bac scientifique aux études d’hôtellerie et de tourisme
  • 00:03:12 — Saint-Tropez, le Royal Evian Resort et seize ans chez Taittinger
  • 00:04:00 — L’ouverture du Concorde Montparnasse à Paris
  • 00:04:27 — Un quatre étoiles derrière l’Élysée, la clientèle mode et les Fashion Week
  • 00:05:35 — Trois ans de contrat avec la maison Vuitton
  • 00:06:28 — Les délégations militaires et le Sommet de la Francophonie
  • 00:08:37 — La décision de quitter Paris pour Nice en 2015
  • 00:09:54 — Première impression : Nice, ville d’énergie et de culture
  • 00:10:56 — Les particularités de diriger un établissement de luxe : le client
  • 00:12:45 — Le management, « une main de fer dans un gant de velours »
  • 00:14:05 — Offrir au client une expérience mémorable
  • 00:14:29 — 75 salariés en hiver, effectif doublé l’été
  • 00:15:39 — Le mythe des exigences à 4 h du matin
  • 00:16:25 — L’emplacement de l’Aston, face au Vieux-Nice
  • 00:17:37 — Les trois points de restauration de l’hôtel
  • 00:18:17 — 150 chambres, suites et projet de 17 suites supplémentaires
  • 00:19:08 — Un hôtel du XIXᵉ siècle en secteur protégé, l’anecdote « Sir Coventry »
  • 00:20:15 — Diversifier l’offre : restauration, fitness, esthétique
  • 00:23:03 — Les concerts live et l’anecdote Véronique Sanson
  • 00:24:35 — La concurrence hôtelière et le combat quotidien
  • 00:26:43 — Une saison record et le retour des clientèles internationales
  • 00:28:00 — S’adapter aux grands événements : Ironman, Coupe du monde, Carnaval
  • 00:30:14 — Nice, ville en mouvement, l’après-Acropolis
  • 00:31:18 — La Savoie, Paris ou Nice ? Ses adresses préférées
  • 00:34:10 — Sa suggestion d’invité : Stéphane Longo, créateur de « Totor »

Références de l’épisode

  • Hôtel Aston La Scala, Nice
  • Promenade des Anglais
  • Concorde Montparnasse, Paris
  • Royal Evian Resort, lac Léman
  • Groupe Taittinger
  • Maison Vuitton
  • Saint-Tropez
  • Élysée
  • Sommet de la Francophonie
  • Véronique Sanson, chanteuse
  • Mercantour
  • Avenue Jean Médecin, Nice
  • Acropolis, Nice
  • Ironman France
  • Coupe du monde de rugby
  • Carnaval de Nice
  • La Pinède, hôtel-restaurant, Cap-d’Ail
  • Saint-Jean-Cap-Ferrat
  • Cannes
  • Antibes
  • Stéphane Longo, créateur de la sculpture « Totor »
  • Savoie (Grenoble, Chambéry, Albertville)

FAQ

Qui est Éric Trolliard ?

Éric Trolliard est le directeur général de l’hôtel Aston La Scala, un quatre étoiles situé à trois minutes de la Promenade des Anglais, à Nice. Savoyard d’origine, formé à l’hôtellerie et au tourisme, il a travaillé plus de vingt ans à Paris avant de s’installer à Nice en 2015 pour diriger l’établissement.

Où se trouve l’hôtel Aston La Scala et que propose-t-il ?

L’Aston La Scala se situe en plein cœur de Nice, à trois minutes à pied de la Promenade des Anglais, face au Vieux-Nice. Ce quatre étoiles compte 150 chambres, une douzaine de suites, un rooftop avec piscine, trois points de restauration (Moon Bar, club du septième étage, l’Horloge), un fitness et une cabine de soins.

Quel est le parcours professionnel d’Éric Trolliard ?

Après des études en hôtellerie, tourisme et développement régional, Éric Trolliard a débuté dans un cinq étoiles à Saint-Tropez, puis au Royal Evian Resort. Il a travaillé seize ans pour le groupe Taittinger, ouvert le Concorde Montparnasse, dirigé un quatre étoiles derrière l’Élysée et collaboré avec la maison Vuitton avant de rejoindre Nice.

Comment l’Aston La Scala s’adapte-t-il aux grands événements niçois ?

L’hôtel ajuste ses services selon les événements : petit déjeuner dès 5 h et offre adaptée pour les athlètes de l’Ironman, étage dédié à la retransmission pendant la Coupe du monde de rugby, offres restauration et exposition de costumes d’opéra pour le Carnaval, en lien avec la ville de Nice.

Pourquoi Éric Trolliard a-t-il choisi de rester à Nice ?

Venu en 2015 pour quelques mois ou quelques années, Éric Trolliard a été conquis dès le premier matin par le ciel bleu et un soleil qui dure 300 jours par an. Il évoque un cadre de vie idéal — la mer en face, le Mercantour dans le dos, l’Italie et la Provence de part et d’autre — et a fini par investir et quitter définitivement Paris.

Quelles sont les adresses préférées d’Éric Trolliard sur la Côte d’Azur ?

Éric Trolliard cite La Pinède, hôtel-restaurant sur les rochers au Cap-d’Ail, pour sa gastronomie méditerranéenne, une terrasse sur les hauteurs de Saint-Jean-Cap-Ferrat pour boire un verre loin du tumulte, ainsi qu’une plage niçoise qu’il préfère garder secrète.

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