Estelle Cegelly : l’art de prendre la parole #22
Estelle Cegely est coach en prise de parole en public et conférencière niçoise, une experte de l’art oratoire installée dans l’écosystème niçois. Née à Nice de parents martiniquais et franco-italiens, elle a d’abord fait ses armes huit ans dans la téléphonie avant un bilan de compétences décisif et une reconversion vers la communication, puis le coaching. Dans cet épisode de Rendez-vous sur la Prom, elle raconte à Julien Gérard comment on renoue avec une passion d’enfance, pourquoi la confiance en soi est le socle de toute prise de parole, et livre des conseils très concrets pour dompter le stress face à un public.
Coach en prise de parole et conférencière, l’art oratoire au cœur de Nice
Qui est Estelle Cegely ?
Estelle Cegely est coach en prise de parole en public, formatrice et conférencière à Nice, où elle a toujours vécu. Après un bac au lycée du Parc Impérial et un BTS Management des unités commerciales, elle a travaillé huit ans dans la téléphonie, passant de vendeuse à responsable adjointe d’une agence. Un bilan de compétences réalisé vers 25 ans révèle chez elle une fibre créative et entrepreneuriale ; elle se reforme aux métiers de la communication (licence puis master en stratégie de communication et communication digitale), avant de faire de la prise de parole son « métier passion ». Elle se présente comme « pure niçoise » et fière de ses origines martiniquaises et franco-italiennes.
De la téléphonie à la prise de parole : un fil retrouvé
Estelle raconte un parcours qu’elle qualifie de « classique » avant le déclic. Enfant, elle aimait écrire, raconter des histoires, faire le clown pour amuser sa famille — des amours qu’elle a « perdus » en s’orientant vers le commerce. Ses huit années dans la téléphonie lui apprennent pourtant une chose précieuse : une capacité à être « caméléon », à adapter son discours à une clientèle très variée, du dirigeant venant ouvrir une flotte à la mère de famille cherchant un téléphone pour son ado.
Au bout d’un moment, elle sent qu’elle « tourne en rond ». À 25 ans, elle démissionne, entreprend un bilan de compétences qui met en lumière son besoin de variété et sa fibre entrepreneuriale. À 26 ans, elle retourne sur les bancs de l’école pour trois ans et découvre l’univers de la communication : relations presse, événementiel, social media, stratégie de contenu.
Le vrai déclic vient d’un intervenant venu du monde des studios Pixar, qui lui fait découvrir le brand content et le storytelling. « C’est comme s’il y avait un fil invisible que j’avais perdu durant mon parcours », dit-elle. Elle veut désormais apprendre à raconter des histoires — et retrouve le fil de l’enfant qui remplissait des cahiers de poèmes et de brouillons.
« Et si le talent, c’était d’avoir envie ? »
Estelle insiste : son métier passion ne lui est pas « tombé dessus », il est le fruit d’un vrai travail d’introspection. Elle raconte être partie du constat inverse de celui qu’on adopte souvent : au lieu de se demander pourquoi elle n’avait pas de talent, elle a décidé de partir du principe qu’elle en avait un, et d’aller le chercher.
Le titre de sa première conférence, emprunté à une interview de Jacques Brel, résume cette conviction : « Et si le talent c’était d’avoir envie ? » Cette petite voix intérieure qui crie qu’on aimerait être doué pour quelque chose est peut-être déjà le signe d’un talent qui ne demande qu’à éclore — au prix du travail, de la formation et des efforts.
Avec Julien Gérard, elle échange longuement sur ce que fait un parent face aux rêves d’un enfant — la peur de le laisser suivre une voie artistique, le poids d’un système scolaire qui valorise les matières « classiques ». Estelle, maman de deux enfants, se pose ces questions au quotidien, tout en reconnaissant que chaque expérience de son parcours nourrit aujourd’hui son expertise.
Le coaching : bien plus qu’une technique oratoire
Estelle s’est formée aux techniques oratoires à l’Académie des conférenciers, à Bordeaux, pendant quatre mois — une formation menée par des comédiens, metteurs en scène et clowns contemporains. Elle s’est aussi formée à l’accompagnement et au coaching, sans école certifiante, après avoir déjà pratiqué : elle a notamment coaché des professionnels en reconversion au sein d’une école formant au développement durable.
Pour elle, la prise de parole n’est pas la « cerise sur le gâteau » mais la porte d’entrée. Ses accompagnements reposent sur trois piliers : le message (le fond), la forme (comment le faire vivre, éliminer les tics de langage), et la confiance en soi. Elle distingue confiance et estime de soi, s’attaque au syndrome de l’imposteur, et souligne l’importance du non-verbal : « Prendre la parole, c’est prendre sa place. »
Le vrai frein, explique-t-elle, c’est la crainte du jugement — ce qu’elle nomme la peur d’être rejeté « pour qui on est » lorsqu’on se rend vulnérable en racontant son histoire. Son premier conseil : se défaire du « Soi qui doit être parfait » pour se concentrer sur ce qu’on a à offrir à l’autre. Elle précise toutefois qu’elle n’est pas coach de vie et pose un cadre professionnel strict.
Vaincre le stress : des conseils très concrets
Interrogée par Julien Gérard sur les conseils qu’elle donnerait à une personne stressée avant d’être interviewée dans un podcast, Estelle livre une méthode. Plutôt que de tout rédiger, préparer deux ou trois messages clés à transmettre. Soigner sa voix la veille : bien dormir, s’hydrater, éviter les excès.
Elle détaille la cohérence cardiaque : cinq minutes de respirations alternées (cinq secondes d’inspiration par le nez, cinq secondes d’expiration par la bouche) pour synchroniser les battements du cœur et faire retomber les tensions. Son insistance : pratiquer quotidiennement pour automatiser le réflexe. Elle raconte l’anecdote d’un client, très nerveux au volant, devenu capable de « respirer » plutôt que de s’emporter après deux mois de pratique.
Elle propose enfin des virelangues pour soigner l’articulation et chauffer la voix, et lance à Julien le défi de répéter « Je veux et j’exige 96 chaises », de plus en plus vite. Un exercice de répétition qui améliore, dit-elle, le « charisme vocal ».
Nice, « pas qu’une carte postale »
Niçoise depuis 34 ans, née à Nice d’un père martiniquais et d’une mère franco-italienne, Estelle revendique un attachement fort à sa ville. Durant ses études en communication, elle a participé à un projet marquant : une édition spéciale du journal L’Express dédiée à Nice, réalisée de A à Z par dix étudiants et vendue en kiosque. Le titre choisi — « Nice, berceau des start-up » — visait à casser l’image de la seule carte postale touristique et à révéler le dynamisme entrepreneurial et innovant de la ville.
Cette conviction nourrit son propre pari : oui, les entreprises niçoises sont prêtes à miser sur des choses innovantes. « On n’est pas que des saintes cartes postales, ni une ville de vieux », résume-t-elle, rejoignant l’esprit du podcast animé par Julien Gérard et Jean-Raphaël Drahi.
Estelle est aussi co-vice-présidente d’Azur Pro Com, association de communicants de la Côte d’Azur qui existe depuis près d’un demi-siècle. L’association fait vivre des rencontres et des événements — dont les Palmes de la communication, cérémonie biennale récompensant les meilleures campagnes du bassin sud — pour réunir web, digital, relations presse, design et photographie autour des enjeux d’un métier en pleine mutation.
Stand-up, adresses niçoises et transmission
Estelle confie se lancer dans le stand-up, non par ambition professionnelle mais comme un défi et une sortie de sa zone de confort. Habituée aux grandes salles — elle a introduit un événement à Y. Caillat devant 6000 personnes — elle voit dans la petite scène feutrée, l’humour et l’intime « une autre paire de manches ».
Côté adresses, elle cite son QG du moment, la gare du Sud, les chaises bleues de la Promenade pour ses phases d’écriture, et le restaurant Le Phonétique du côté de Cessole, où elle assure avoir goûté « le meilleur fondant au chocolat » de sa vie. Elle recommande enfin Pascal Schiavone, fondateur du Bocca Comedy Club, premier à installer une scène stand-up fixe à Nice.
Son mot de la fin tient en un geste : le sourire, « le meilleur moyen de créer une connexion » avant de prendre la parole.
Au fil de l’épisode
- 00:01:48 — Présentation : coach en prise de parole et conférencière
- 00:02:23 — Enregistrement au studio du photographe Nicolas Catovic
- 00:03:31 — Un parcours « classique » avant le déclic
- 00:04:13 — Les amours d’enfance : écrire, raconter, faire le clown
- 00:04:40 — Bac au Parc Impérial, BTS et huit ans dans la téléphonie
- 00:05:28 — La faculté « caméléon » face à une clientèle variée
- 00:07:25 — La démission et le bilan de compétences à 25 ans
- 00:08:32 — Retour à l’école : licence et master en communication
- 00:10:13 — Le déclic storytelling grâce à un intervenant ex-Pixar
- 00:11:28 — Le fil invisible de l’enfance retrouvé
- 00:14:43 — Les métiers passion trouvés dès l’enfance
- 00:16:23 — Éducation, loisirs et poids des attentes parentales
- 00:24:24 — La conférence « Et si le talent c’était d’avoir envie ? »
- 00:31:22 — Introvertie dans le privé, à l’aise sur scène
- 00:32:15 — La glossophobie et la crainte du jugement
- 00:33:31 — Quitter SFR, son couple et son appartement à 25 ans
- 00:38:32 — Le coaching : lever les freins internes
- 00:39:21 — Les trois piliers : message, forme, confiance en soi
- 00:42:55 — Se former au coaching et l’expérimenter sur soi
- 00:51:10 — Le stand-up comme défi personnel
- 00:53:00 — Conseils contre le stress avant une prise de parole
- 00:55:23 — La cohérence cardiaque au quotidien
- 00:59:23 — Le défi du virelangue « 96 chaises »
- 01:02:44 — Née à Nice, « 100 % niçoise » et fière de ses origines
- 01:05:57 — L’édition « Nice, berceau des start-up » pour L’Express
- 01:10:59 — Azur Pro Com et les Palmes de la communication
- 01:14:29 — Ses trois lieux à Nice : gare du Sud, la Prom, Le Phonétique
- 01:18:20 — Recommandation : Pascal Schiavone, Bocca Comedy Club
- 01:19:51 — Le mot de la fin : le sourire
Références de l’épisode
- Jacques Brel (interview, source du titre « Et si le talent c’était d’avoir envie ? »)
- Florence Foresti
- Nicolas Catovic, photographe, Modjo Studio (studio d’enregistrement)
- Pascal Schiavone, fondateur du Bocca Comedy Club
- Jean-Raphaël Drahi, co-animateur du podcast
- Lycée du Parc Impérial (Nice)
- SFR (téléphonie)
- Académie des conférenciers (formation, Bordeaux)
- L’Express, édition spéciale « Nice, berceau des start-up »
- Azur Pro Com (association de communicants de la Côte d’Azur)
- Les Palmes de la communication (cérémonie biennale)
- Bocca Comedy Club (Nice)
- Gare du Sud (Nice)
- Promenade des Anglais / les chaises bleues
- Restaurant Le Phonétique (quartier Cessole, Nice)
- Sophia Antipolis
- Martinique / Antilles (origines familiales)
- Cohérence cardiaque (technique de respiration)
FAQ
Qui est Estelle Cegely ?
Estelle Cegely est coach en prise de parole en public, formatrice et conférencière à Nice, où elle est née. Après huit ans dans la téléphonie, un bilan de compétences l’a menée vers les métiers de la communication, puis vers le coaching. Elle accompagne dirigeants et managers sur l’aisance oratoire, la confiance en soi et le storytelling.
Que fait Estelle Cegely comme métier ?
Elle coache et forme des dirigeants, managers et professionnels à la prise de parole en public, anime des conférences et exerce comme maîtresse de cérémonie. Ses accompagnements reposent sur trois piliers : le message, la forme (le faire vivre) et la confiance en soi. Elle travaille aussi le syndrome de l’imposteur et le non-verbal.
Quel est le parcours d’Estelle Cegely ?
Après un bac au lycée du Parc Impérial et un BTS Management des unités commerciales, Estelle Cegely a travaillé huit ans dans la téléphonie. Un bilan de compétences à 25 ans révèle sa fibre créative et entrepreneuriale ; elle se reforme en communication (licence et master), découvre le storytelling puis fait de la prise de parole son métier passion.
Quels conseils Estelle Cegely donne-t-elle contre le stress ?
Elle recommande de préparer deux ou trois messages clés plutôt que tout rédiger, de soigner sa voix la veille (sommeil, hydratation) et de pratiquer la cohérence cardiaque cinq minutes par jour. Elle propose aussi des virelangues, comme « Je veux et j’exige 96 chaises », pour soigner l’articulation et chauffer la voix.
Estelle Cegely est-elle niçoise ?
Oui. Estelle Cegely est née à Nice et y vit depuis 34 ans, avec quelques années dans l’arrière-pays au collège. Elle se dit « 100 % niçoise » et fière de ses origines martiniquaises et franco-italiennes. Elle est aussi co-vice-présidente de l’association de communicants Azur Pro Com, sur la Côte d’Azur.
Où retrouver Estelle Cegely à Nice ?
Elle cite comme lieux favoris la gare du Sud, son QG du moment, les chaises bleues de la Promenade des Anglais pour ses phases d’écriture, et le restaurant Le Phonétique du côté de Cessole. Elle est active sur les réseaux sociaux, où elle partage son expertise autour de la prise de parole.