Solenne Lalande, devenir entrepreneur à Nice à travers le métier de commissaire de justice
Solenne Lalande est commissaire de justice et créatrice de contenus, connue sur Instagram sous le nom d’ArtDeVivreByBlondie, désormais installée et associée dans une étude à Nice. Après quinze ans à Paris, un coup de cœur pour la baie des Anges en 2020 et trois années d’allers-retours, elle a fait le grand saut : nouvelle ville, nouveau statut entrepreneurial, réseau à reconstruire de zéro. Dans ce tout premier épisode du Pari(s) de la Riviera, elle raconte à Emmanuelle Mary comment on devient entrepreneur à Nice à travers un métier exigeant, comment on tisse son réseau professionnel local, et pourquoi la lumière de la Côte d’Azur a fini par tout emporter.
Devenir entrepreneure à Nice à travers le métier de commissaire de justice
Qui est Solenne Lalande ?
Solenne Lalande est commissaire de justice — la nouvelle appellation de la profession d’huissier — et créatrice de contenus sur la Côte d’Azur, connue pour son compte Instagram ArtDeVivreByBlondie. Parisienne pendant quinze ans, elle découvre Nice en 2020, à la sortie du Covid, le temps d’un week-end. Le coup de cœur est immédiat : l’architecture, la mer, la luminosité. Après trois ans d’allers-retours, elle décide de tout quitter pour s’installer sur la Riviera, à la double condition de trouver un travail. C’est chose faite : elle rachète des parts d’une étude et en devient associée, franchissant du même coup un grand pas entrepreneurial. Elle exerce aujourd’hui au sein d’Huissier Grand Sud, une structure en double office implantée à Nice et à Toulon.
De Paris à Nice : un coup de cœur devenu décision
Solenne Lalande a longtemps ignoré Nice. « Comment je ne connais pas Nice alors que j’habitais à Paris depuis quinze ans ? » Elle avait parcouru toutes les villes de France, sauf celle-ci. Le déclic vient en 2020, dans le contexte particulier de la sortie du confinement, quand Paris devenait de plus en plus difficile à supporter.
Plus elle revenait sur la Côte d’Azur, plus le retour à Paris était pénible. Elle décrit un basculement progressif : les week-ends, puis les allers-retours, puis l’évidence. « À un moment, j’ai eu un déclic et je me suis dit : il faut que tu partes. » Restait le nerf de la guerre — le travail. Elle se fixe une règle : sans emploi, pas de déménagement.
Elle évoque aussi la persistance d’un cliché : Nice serait une « ville de vieux », que les Parisiens éclipsent au profit de Cannes, plus facile d’accès et associée au festival et à la Croisette. Un raccourci qu’elle réfute : « Nice, je trouve qu’elle est authentique, c’est une belle ville, il y a une âme. »
L’atterrissage sur la mer, souvenir fondateur
Son premier souvenir azuréen tient en une image : l’atterrissage de l’avion au-dessus de l’eau, avec la vue sur la Promenade des Anglais. « Les gens vivent ici, en fait, c’est les vacances. » Elle parle d’un « way of life californien », d’un panorama idyllique entre palmiers et mer. Aujourd’hui encore, chaque retour de voyage produit le même effet : « Ça y est, je suis à la maison. »
Depuis sa terrasse, elle contemple chaque matin la mer et la montagne, en écho au slogan de la ville, « entre mer et montagne ». Un contraste radical avec son ancien appartement parisien, « une cour avec vue sur l’immeuble en face, pas de lumière ». La lumière, justement, revient sans cesse dans son récit : elle « pèse sur le moral, pèse sur tout ». Cette qualité de vie, elle la mesure chaque jour comme la preuve d’un bon choix.
Le grand saut entrepreneurial : de salariée à associée
Au départ, Solenne Lalande cherchait un poste de salariée, persuadée qu’un entrepreneur n’a plus de vie privée — un temps précieux pour elle, qui alimente son activité de créatrice de contenus. Mais à Nice, les places sont chères et le turnover faible, contrairement à Paris. Elle cherche désespérément, sans succès.
Le hasard fait le reste. Un samedi, elle répond à une annonce pour un poste « sous-dimensionné » par rapport à son profil. Le titulaire de l’étude, Antoine, la rappelle, intrigué. La discussion dure trois heures. Au bout du fil : « Moi, je cherche un associé. » L’histoire commence là, comme une rencontre. Elle rachète des parts et devient associée, avec le choix entre Toulon et Nice — elle choisit Nice, seule, sans soutien professionnel de proximité puisque son associé est basé à Toulon, à 300 kilomètres. Un vrai « grand saut dans le vide », d’autant qu’elle n’avait jamais été entrepreneure.
Reconstruire un réseau : Bouge Ta Boîte, Premium Business Club, Famimo
Le métier de commissaire de justice interdit la communication classique : impossible de se présenter comme « la meilleure des commissaires de justice ». Solenne Lalande a donc misé sur les réseaux d’affaires locaux, prescripteurs et générateurs de contacts. Son réseau était parisien ; il fallait tout reconstruire.
Point de départ : le dîner du maire, dans les jardins Albert Ier début septembre, où l’avait invitée Magali Altounian, adjointe chargée de l’attractivité et du rayonnement du territoire. Elle y rencontre celles qui deviendront ses amies proches, dont Caroline Rivière, boosteuse du cercle niçois de Bouge Ta Boîte, réseau business féminin qu’elle intègre dans la foulée. Elle rejoint aussi le Premium Business Club, sur le modèle du BNI, avec ses réunions du mardi matin à 7h30, et plus récemment Famimo, réseau centré sur l’immobilier — secteur dans lequel elle s’est spécialisée à Paris.
Au-delà du business, elle insiste sur l’humain et l’apprentissage : « On pense connaître des métiers et finalement on les découvre à travers les gens. » Elle note aussi que les Niçois « pure souche » sont rares dans ces cercles, largement peuplés de nouveaux arrivants venus, comme elle, chercher une meilleure qualité de vie.
Commissaire de justice à Nice : un métier de terrain plus diversifié
Solenne Lalande revendique la richesse de son métier, encore mal connu du grand public : « Ça s’arrête au saisi, ça s’arrête aux trois frères. » Elle décrit un accompagnement global — significations, constats, exécution des décisions de justice, recouvrement de créances — et une valeur humaine qu’elle place au cœur de sa pratique : « Le débiteur, c’est une personne humaine. »
Exercer à Nice diffère radicalement de Paris. « J’ai fait une saisie d’un yacht à Cannes il y a deux jours, jamais à Paris j’aurais pu imaginer faire quelque chose comme ça. » Les procédures dépendent de l’écosystème local : saisies-ventes chez les particuliers, tournées mensuelles dans l’arrière-pays, contact direct avec les gens. « En un an ici, j’ai fait beaucoup plus de choses qu’à Paris en quinze ans. » Elle raconte même avoir peut-être fait naître une vocation chez un stagiaire de troisième, reparti avec une boîte de chocolats.
Le seul bémol qu’elle concède tient au rythme : le côté « tranquille » local, agréable dans la vie privée, la dérange parfois dans un métier à forts délais et lourdes responsabilités. « Le tranquille, par moments, je l’ai là. »
Un rythme de vie apaisé
À Paris, Solenne Lalande courait « après les minutes ». Son rituel : un café à emporter pris sur le chemin, toujours pressée de sauter dans le métro suivant. À Nice, elle prend le temps : café chez elle, face à la mer. « Ça m’a apaisée, je me suis plus posée. »
Son installation a pourtant été tout sauf tranquille. Elle cumulait alors un déménagement en un mois, la livraison d’un appartement acheté en VEFA, un cambriolage à Paris, la recherche d’un locataire — « une charge mentale énorme ». Arrivée à Nice, posée enfin, elle a mesuré le chemin : « T’as réussi, en fait. J’étais fière de moi. » Le pari de la Riviera, réussi.
Au fil de l’épisode
- 00:04:22 — Présentation de Solenne Lalande, créatrice de contenus et commissaire de justice
- 00:06:22 — La nouvelle appellation du métier et l’étude Huissier Grand Sud
- 00:06:46 — Le coup de cœur pour Nice en 2020 et trois ans d’allers-retours
- 00:07:55 — Le cliché de la « ville de vieux » et l’ombre de Cannes
- 00:09:13 — L’atterrissage sur la mer, souvenir fondateur
- 00:10:31 — Travailler à Nice sans être « en vacances »
- 00:11:32 — Le « shutdown » niçois dès qu’il pleut, la fermeture de Cap 3000
- 00:12:37 — La vue mer-montagne depuis la terrasse, la lumière
- 00:14:36 — L’anecdote de la rencontre qui la rend associée
- 00:16:25 — Le choix entre Toulon et Nice, l’associé basé à Toulon
- 00:17:20 — Les réseaux business : Bouge Ta Boîte, le dîner du maire
- 00:19:50 — Premium Business Club et Famimo
- 00:20:31 — Le métier de commissaire de justice mal connu
- 00:24:31 — Les points moins agréables : le rythme « tranquille »
- 00:25:38 — Exercer à Nice vs Paris : la saisie du yacht à Cannes
- 00:26:43 — Exemples d’interventions : significations, constats, recouvrement
- 00:29:00 — Les tournées dans l’arrière-pays et le stagiaire de troisième
- 00:31:06 — Huissier Grand Sud : équipe de Nice et Toulon
- 00:31:55 — Les déplacements en voiture, l’été bouché
- 00:34:02 — Le réseau développé aussi grâce à Instagram
- 00:35:15 — Un rythme de vie apaisé face au tourbillon parisien
- 00:37:01 — L’installation, la charge mentale et la fierté d’avoir réussi
Références de l’épisode
- ArtDeVivreByBlondie, compte Instagram de Solenne Lalande
- Huissier Grand Sud, étude de commissaires de justice (Nice et Toulon)
- Caroline Rivière, boosteuse du cercle niçois de Bouge Ta Boîte
- Magali Altounian, adjointe chargée de l’attractivité et du rayonnement du territoire
- Rosane Perrault
- Bouge Ta Boîte, réseau business féminin
- Premium Business Club, réseau d’affaires
- Famimo, réseau professionnel de l’immobilier
- Claire de Chambrure
- Estrosi, maire de Nice
- Nice
- Cannes
- Toulon
- Hyères, festival de la mode
- Promenade des Anglais
- Jardins Albert Ier, dîner du maire
- Cap 3000
- Aéroport de Nice
- Opéra de Nice
- Les Plages Électroniques, Cannes
FAQ
Qui est Solenne Lalande ?
Solenne Lalande est commissaire de justice — nouvelle appellation du métier d’huissier — et créatrice de contenus connue sur Instagram sous le nom d’ArtDeVivreByBlondie. Après quinze ans à Paris, elle s’est installée à Nice et est devenue associée au sein de l’étude Huissier Grand Sud, implantée à Nice et à Toulon.
Pourquoi Solenne Lalande a-t-elle quitté Paris pour Nice ?
Elle a eu un coup de cœur pour Nice lors d’un week-end en 2020, séduite par l’architecture, la mer et la luminosité. Après trois ans d’allers-retours, Paris devenant de plus en plus difficile à vivre, elle a décidé de s’installer sur la Côte d’Azur, à la condition d’y trouver un travail — ce qui l’a menée à racheter des parts d’une étude.
En quoi consiste le métier de commissaire de justice ?
Le commissaire de justice, ex-huissier, assure un accompagnement juridique global : significations d’actes (monopole), constats (dégâts des eaux, troubles de voisinage, jeux-concours), exécution des décisions de justice, saisies et recouvrement de créances. Solenne Lalande décrit un métier de terrain, très diversifié à Nice, où l’humain occupe une place centrale.
Comment Solenne Lalande a-t-elle développé son réseau à Nice ?
Sans réseau local à son arrivée, elle a rejoint plusieurs cercles d’affaires : Bouge Ta Boîte (réseau féminin), le Premium Business Club et Famimo, dédié à l’immobilier. Le dîner du maire, dans les jardins Albert Ier, a été un point de départ décisif où elle a noué ses premières amitiés niçoises, notamment avec Caroline Rivière.
Où exerce Solenne Lalande sur la Côte d’Azur ?
Elle est associée de l’étude Huissier Grand Sud, en double office. L’équipe compte cinq personnes à Nice et dix-huit à Toulon, soit environ vingt-cinq salariés au total. Elle assure notamment des tournées dans l’arrière-pays niçois et des interventions sur l’ensemble du territoire, jusqu’à Cannes.
Qu’est-ce qu’ArtDeVivreByBlondie ?
ArtDeVivreByBlondie est le compte Instagram de Solenne Lalande, sur lequel elle partage son art de vivre et ses découvertes. Cette activité de créatrice de contenus lui a aussi permis de rencontrer des personnalités variées à Nice, certaines devenues des amies ou des connaissances professionnelles.