Christophe Besson, bien dans le Sud !
Christophe Besson est un multi-entrepreneur parisien tombé amoureux de la Côte d’Azur, où il vit désormais l’essentiel de l’année. Fondateur d’un groupe leader français de la protection solaire, il a d’abord implanté une filiale à Antibes avant de faire de Nice sa ville d’adoption. Dans cet épisode du Pari(s) de la Riviera, il raconte à Emmanuelle Mary une trajectoire faite d’audace, de transmission et d’attention aux gens : management bienveillant, culture d’entreprise, équilibre de vie retrouvé face à la mer et cette envie neuve d’accompagner de jeunes entrepreneurs de la Riviera.
L’entrepreneur de la protection solaire qui a fait de Nice son équilibre
Qui est Christophe Besson ?
Christophe Besson est un multi-entrepreneur parisien, fondateur et dirigeant d’un groupe spécialisé dans la protection solaire — stores et bannes — et dans le traitement de la qualité de l’air, installé à Nice depuis six ou sept ans. Il présente son entreprise comme la plus grosse société de fourniture et de pose de stores en France, avec une activité forte sur les grands chantiers d’Île-de-France, en Bretagne, à Bordeaux, à Monaco et à Nice. Le groupe compte, selon lui, autour de 170 personnes et réalise un chiffre d’affaires qu’il situe entre 28 et 30 millions d’euros. Il se définit d’abord comme un patron de PME attaché à l’humain, à la transmission et à la culture d’entreprise.
De la première filiale à Antibes à la vie niçoise
L’aventure azuréenne commence par le travail. Christophe Besson ouvre une filiale de son groupe parisien à Antibes, séjourne d’abord du côté de Grasse, puis découvre Nice au fil de ses passages. « C’est quand même trop bête de pas avoir une aussi belle ville à côté de moi et de pas y aller », résume-t-il. Avec son épouse, l’envie de quitter Paris était déjà là.
S’ensuit une longue recherche — près d’une année et demie — pour trouver un lieu de vie. Le marché immobilier local le déroute : des prix « à la gueule du client », opaques, avec des marges de négociation de 20 à 30 % qu’il juge inimaginables à Paris. Accompagné par d’ex-Parisiens installés là et par quelques agents immobiliers, le couple finit par trouver son bonheur du côté du Mont-Boron. Aujourd’hui, Christophe Besson vit à Nice et ne remonte à Paris que quatre ou cinq jours par mois, pour les affaires.
Une histoire d’entreprise et d’amitié
Ce qui l’ancre vraiment dans la région, c’est une histoire humaine. Un ancien poseur de son entreprise, victime d’un grave accident de moto vingt-cinq ans plus tôt, lourdement handicapé, lui confie son envie de partir dans le Sud. Christophe Besson décide alors d’ouvrir avec lui la filiale d’Antibes. Après une longue rééducation, il lui apprend le métier de commercial et de pilote de chantier : ce collaborateur devient l’un des meilleurs de la maison. « C’est une histoire qui m’émeut encore les années après », confie-t-il. Aujourd’hui, cet ami a pris sous son aile la fille de Christophe, venue elle aussi vivre dans le Sud. Une continuité qui incarne, pour lui, tout le sens de la transmission.
Nice, ville d’accueil et bien-être retrouvé
Christophe Besson défend une image de Nice qu’il juge méconnue : une ville d’accueil, à condition d’arriver « ouvert » et « pas comme un gros con de parisien ». Il fréquente régulièrement des Niçois « de père en fils », se dit accueilli à bras ouverts, et prend plaisir à rappeler aux locaux la chance qu’ils ont de vivre là. La montagne et l’Italie à portée de main, la mer, son bateau au port de Beaulieu : il décrit une magie quotidienne. Chaque matin, le trajet vers ses bureaux face à l’aéroport, par la Promenade des Anglais, reste pour lui « un spectacle ».
Au-delà du décor, il raconte un apaisement intérieur. Homme qu’il dit « hyper anxieux », il a trouvé à Nice un équilibre : voir la mer tous les jours, avoir une perspective lointaine, apprendre à s’ennuyer. « J’ai appris à m’ennuyer et je veux que ça continue parce que c’est un luxe incroyable. »
Manager par l’humain : culture, transmission et succession
Christophe Besson revendique un management fondé sur l’humain et la promotion interne. Dans son groupe, les grands postes sont souvent occupés par des personnes qui ont démarré poseurs ou secrétaires : le patron de la logistique, ancien poseur entré à 17 ans, gère selon lui 45 personnes et un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. Il cite aussi une collaboratrice arrivée comme assistante, aujourd’hui à un poste élevé. Sa conviction : « Ce qui fait vivre une entreprise, c’est sa culture. »
Il évoque le récit de ses débuts, aux côtés d’Alain Simon, ancien de Skyrock devenu son associé à 50/50 dans la société New Deal, qui l’a fait basculer dans le métier du store et lui a appris à devenir « un tracteur ». Après le décès de cet associé, Christophe Besson a fait grandir l’entreprise en s’appuyant sur ses commerciaux et ses équipes. À 68 ans, il prépare aujourd’hui sa succession avec un directeur général qu’il a choisi d’abord pour son côté humain. Son credo managérial : laisser grandir, accepter l’erreur, ne jamais faire à la place des autres. Cette conception de la transmission fait écho à d’autres invités du Pari(s) de la Riviera, comme Alexis Touzé, spécialiste de la transmission d’entreprises à Nice, ou Sylvie Gillibert-Ulrich, autour de la pédagogie et de la transmission.
Accompagner les jeunes entrepreneurs de la Riviera
Christophe Besson n’a pas envie d’arrêter de travailler. Il réfléchit à une reconversion en mentor : accompagner de jeunes entrepreneurs, leur apporter son expérience, entrer parfois au capital. Il s’est mis à repérer les pépinières et incubateurs de la région et évoque le Réseau Entreprendre Côte d’Azur, dont son groupe est adhérent, la French Tech Côte d’Azur ou encore Monaco Boost. Ce sujet le passionne — et rejoint celui d’Alexis Touzé, trésorier du Réseau Entreprendre Côte d’Azur.
Il porte un regard lucide sur le bassin économique local : puissant mais plus petit qu’en Île-de-France, il exige d’adapter la taille des structures et les perspectives, et de se donner du temps pour se faire connaître. Christophe Besson dit vouloir aider les jeunes à aller « un peu plus vite » et à éviter les écueils, sans jamais faire à leur place.
Réseaux, restaurants et art de vivre niçois
Pour s’intégrer, Christophe Besson a multiplié les réseaux, dont Cobalt, très ancré dans le bâtiment, à la fois amical et business. Passionné de rugby, il apprécie les événements organisés autour du Nissa Rugby Club, où se croisent entrepreneurs et joueurs, et rêve de créer sur la Riviera des rendez-vous fédérateurs comme le trophée de golf qu’il organise à Paris pour ses entreprises, réunissant 250 personnes.
Grand amateur de bonnes tables, il égrène ses adresses niçoises : un restaurant historique du côté de la Libération, la Petite Maison, le Séjour Café en centre-ville, un petit coréen près du centre, le restaurant de l’Hôtel du Couvent qu’il juge accessible et somptueux, ou encore des tables du côté du port de Beaulieu et de Saint-Laurent-du-Var. Il aime se promener dans le Vieux-Nice, place Masséna, et pousser jusqu’aux villages alentour, de Saint-Paul à Valbonne.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 — Présentation de Christophe Besson, multi-entrepreneur de la protection solaire
- 00:00:24 — Une rencontre fortuite chez le kiné
- 00:01:26 — Arrivée à Nice via la filiale d’Antibes
- 00:02:07 — Un an et demi de recherche, installation au Mont-Boron
- 00:02:49 — L’accident de moto d’un salarié et l’aventure d’Antibes
- 00:03:31 — Apprendre un nouveau métier à un ancien poseur
- 00:04:51 — Rappeler aux Niçois la chance de vivre ici
- 00:05:51 — Mer, montagne, Italie et bateau au port de Beaulieu
- 00:07:11 — Le trajet quotidien par la Promenade des Anglais
- 00:07:28 — Premier souvenir : le désespoir de la recherche immobilière
- 00:08:11 — Un marché immobilier opaque et fortement négociable
- 00:09:25 — Installer la société : rachat d’entreprise à Antibes
- 00:10:10 — Leader du store et de la protection solaire en France
- 00:11:06 — Chantiers, particuliers et showrooms
- 00:12:06 — Se faire connaître dans la région
- 00:13:09 — Les débuts avec Alain Simon et Skyrock
- 00:14:57 — Travailler avec des gens que l’on aime
- 00:16:29 — Santé mentale, RSE et soft skills en entreprise
- 00:17:07 — La succession et le choix du directeur général
- 00:17:29 — Promotion interne et parcours des équipes
- 00:19:13 — La culture d’entreprise fait vivre la PME
- 00:20:11 — Envie de mentorer de jeunes entrepreneurs
- 00:23:41 — Réseaux, pépinières et incubateurs de la région
- 00:24:25 — Le réseau Cobalt et l’esprit d’entraide
- 00:25:30 — Le momentum : l’apaisement retrouvé
- 00:27:14 — La différence de rapport aux problèmes entre Niçois et Parisiens
- 00:30:12 — Notion du temps et du délai selon les régions
- 00:31:23 — Protection solaire : Riviera, Bretagne et habitudes d’achat
- 00:32:36 — La marque Ti Salia et le développement digital
- 00:33:41 — Salons, bouche-à-oreille et chiffres du groupe
- 00:35:11 — Les restaurants préférés à Nice
- 00:40:12 — Rythme de vie à Nice versus Paris
- 00:41:32 — Créer un événement fédérateur sur la Riviera
- 00:43:08 — Le Nissa Rugby Club et les rencontres d’entrepreneurs
Références de l’épisode
- Cybstores, groupe de protection solaire (fondé par Christophe Besson)
- Ti Salia, marque de portes de placards décoratives
- New Deal, ancienne société de Christophe Besson
- Skyrock
- Réseau Entreprendre Côte d’Azur — voir l’épisode avec Alexis Touzé
- French Tech Côte d’Azur
- Monaco Boost, incubateur
- Cobalt, réseau d’entrepreneurs du bâtiment
- Nissa Rugby Club
- La Petite Maison, restaurant à Nice
- Le Séjour Café, restaurant à Nice
- Hôtel du Couvent, restaurant à Nice
- Antibes
- Grasse
- Mont-Boron
- Promenade des Anglais
- Port de Beaulieu
- Villefranche-sur-Mer
- Saint-Laurent-du-Var
- Cagnes-sur-Mer
- Saint-Paul-de-Vence
- Valbonne
- Opio
- Monaco
- Bordeaux
- Bretagne
- Gennevilliers
FAQ
Qui est Christophe Besson ?
Christophe Besson est un multi-entrepreneur parisien installé à Nice depuis six ou sept ans. Il a fondé et dirige un groupe spécialisé dans la protection solaire — stores et bannes — et dans le traitement de la qualité de l’air, qu’il présente comme la plus grosse société de fourniture et de pose de stores en France, avec environ 170 personnes.
Pourquoi Christophe Besson a-t-il quitté Paris pour Nice ?
Tout commence par le travail : Christophe Besson implante une filiale de son groupe à Antibes. Au fil de ses passages, il tombe sous le charme de Nice et partage avec son épouse l’envie de quitter Paris. Après une longue recherche, le couple s’installe du côté du Mont-Boron. Nice lui apporte un apaisement et un équilibre de vie qu’il dit avoir trouvés.
Que fait l’entreprise de Christophe Besson ?
Son groupe est spécialisé dans la protection solaire — stores, bannes — et le traitement de la qualité de l’air. Il réalise de gros chantiers en Île-de-France, en Bretagne, à Bordeaux, à Monaco et à Nice, fabrique une partie de ses produits, accueille des particuliers en showrooms et développe une activité digitale via la marque Ti Salia.
Quelle est la vision du management de Christophe Besson ?
Christophe Besson défend un management fondé sur l’humain, la culture d’entreprise et la promotion interne : chez lui, d’anciens poseurs ou secrétaires accèdent aux grands postes. Il prépare sa succession avec un directeur général choisi d’abord pour ses qualités humaines et prône de laisser grandir les équipes, quitte à accepter l’erreur, sans jamais faire à leur place.
Que veut faire Christophe Besson pour les jeunes entrepreneurs ?
Il souhaite devenir mentor : accompagner de jeunes entrepreneurs de la Côte d’Azur, leur apporter son expérience et parfois entrer à leur capital. Il repère pépinières et incubateurs de la région et cite le Réseau Entreprendre Côte d’Azur, la French Tech Côte d’Azur ou Monaco Boost, avec l’idée d’aider les jeunes à aller plus vite et à éviter les écueils.
Quelles sont les adresses niçoises préférées de Christophe Besson ?
Grand amateur de bonnes tables, il cite la Petite Maison, le Séjour Café en centre-ville, un petit restaurant coréen près du centre et le restaurant de l’Hôtel du Couvent, qu’il juge accessible et magnifique. Il apprécie aussi des tables du côté du port de Beaulieu et de Saint-Laurent-du-Var, et aime se promener dans le Vieux-Nice et place Masséna.